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Pour ma mère… et les autres!

28/02/2018

Il n’est pas toujours facile d’expliquer aux personnes de notre entourage ce que nous faisons dans la vie. Prenez ma mère, par exemple, elle n’a jamais eu qu’une très vague idée de ce que je fais comme métier.

 

Oh, bien sûr, elle savait que j’anime des discussions de groupe pour le compte de mes clients. Il lui arrivait parfois de s’informer si j’avais eu des rencontres récemment. Mais sa compréhension de mon travail s’arrêtait-là. Remarquez, c’est probablement la même chose pour vos parents et ce, peu importe ce que vous faites dans la vie. D’ailleurs, bien malin celui qui irait les en blâmer. Moi-même, j’ai mis du temps à bien comprendre ce que je faisais dans la vie!

 

Je sais, ça peut paraître bizarre à dire, mais lorsqu’on y pense à deux fois, ce n’est pas si étrange que cela. Lorsqu’on fait un travail qui ne s’apprend pas à l’école, mais sur le tas, il y a forcément des choses qui nous échappent au début. Puis, arrive un moment, probablement avec l’expérience, qui nous fait comprendre la quintessence de ce que nous faisons dans la vie.

 

Dans mon cas, la révélation, si je peux m’exprimer ainsi, m’est venue par un jour de printemps lumineux et plutôt froid.

 

C’était le 20 avril 2002. Ce jour-là, je rencontrais des gens prenant soin et hébergeant chez eux une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. Dans la plupart des cas, un proche de la personne rencontrée. En effet, le lien unissant la personne malade à son tuteur est très souvent celui du sang, bien que l'on rencontre aussi des personnes unies par alliance. Ainsi, la plupart des tuteurs rencontrés ce jour-là étaient les enfants des malades et seuls quelques-uns leurs conjoints.

 

À l’origine de ces rencontres, il y avait naturellement une entreprise commerciale : une maison d’hébergement déjà bien établie songeait à offrir un service de répit pour les aidants naturels. Elle souhaitait donc rencontrer des intervenants afin de leur présenter le service tel qu’il avait été pensé et vérifier l’intérêt de ces personnes à l’utiliser. Rien de nouveau pour moi. De la routine, pourrait-on dire.

 

Pourtant, rarement dans ma carrière ai-je eu l’impression de faire une telle différence dans la vie des inconnus que je rencontre pour mon travail. Sous mes yeux, pendant la section de mon guide qui prévoyait que l’on discute de l’apparition de la maladie et des premiers symptômes, j’ai vu l’expérience passée de celle de groupe de discussion à celle de groupe d’entraide. Et la boite de Kleenex que j’avais prévue, au cas où, aller, comme mes questions, d’un participant à un autre, dans un tour de table des plus émotifs. 

 

J’admets avoir moi-même été touché de manière durable par la détresse de ces gens isolés, parce que dans la petite ville où nous étions il n’y avait pas de groupe de support ou d’entraide. Du reste, pour la plupart d’entre eux, et dépendamment du stade de développement de la maladie, il était pratiquement impensable de laisser seule la personne dont ils avaient la responsabilité. Notre rencontre de ce jour-là constituant donc une entorse à leur mode de vie habituel.

 

Plus de quinze ans après, je ne vous cache pas que ce que j’ai retenu de ces groupes n’est pas l’intérêt envers le service proposé, mais bien davantage ce que je pourrais appeler « le facteur humain ».

 

En effet, avant d’entrer dans la salle de groupe ce jour-là, j’étais convaincu que mon travail consistait à aider des organisations à y voir plus clair dans les décisions d’affaires qu’elles devaient prendre. Au sortir de cette même salle, quelques heures plus tard, je n’avais plus exactement la même vision des choses.

 

Aujourd’hui, j’aide toujours des organisations à prendre les meilleures décisions d’affaires possibles. En soi, cela n’a pas changé. Ce qui a changé, ce n’est pas ce que je fais, mais avec qui et pour qui je le fais. Et peut-être aussi le comment.

 

En effet, en me lançant à mon compte le « avec qui et pour qui » a été immédiatement modifié et je me suis retrouvé à travailler avec des organisations souvent plus petites et dont les objectifs de recherche n’étaient pas en relation avec la commercialisation d’un produit ou d’un service, mais plutôt sur la manière de communiquer avec certaines cibles particulières. Mais soyons réalistes, je ne travaille pas que sur des mandats impliquant des gens malades, des aidants naturels, de grandes causes humanitaires ou la faim dans le monde! Bien au contraire.

 

Et bien qu’il me soit arrivé de me pencher sur des problématiques liées au tabagisme, au cancer du sein ou à la santé en général, et que je me sois passionné à chaque fois pour ces sujets, ils ne représentent pas l’essentiel de ma pratique. Et il m’arrive encore régulièrement de faire des évaluations de campagnes publicitaires, des tests de produits, des évaluations de site Web ou encore de discuter des caractéristiques idéales que devraient avoir certains produits d’usage courant, comme un aspirateur, par exemple. Et je ne m’en plains pas, loin de là, car je ne me lasse pas d’apprendre de nouvelles choses dans de nouvelles sphères d’activité. Comme je me plais à le répéter assez souvent, cette diversité dans les mandats est essentielle, puisque c’est l’oxygène de la profession.

 

En ce qui concerne le « comment », je crois qu’il y a plus à en dire. Mais, justement, comment dire les choses pour qu’elles ne paraissent pas trop ingrates… Avant ce jour d’avril 2002, je faisais comme on me l’avait appris. Et sans dire que j’étais sur le pilote automatique, disons que je fonctionnais beaucoup par « imitation ». Ceci dit, on apprend tous de cette manière. Je n’ai pas été différent des autres. D’ailleurs, j’ai eu la chance de pouvoir « imiter » parmi les meilleurs de la profession, alors je serais bête de m’en plaindre.

 

Ce qui a véritablement changé dans ma conception de la manière de mener des entrevues de groupe, c’est que maintenant, je pense me soucier davantage des individus que je rencontre. Là où je voyais auparavant une source intéressante de renseignements pour mon client, je vois maintenant beaucoup plus.

 

Naturellement, tous les groupes ne se prêtent pas au type de cohésion que j’évoquais plus haut à propos des tuteurs de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Néanmoins, lorsque j’aborde un nouveau mandat, je tente de garder en tête que l’expérience devrait idéalement être aussi enrichissante pour mes participants que pour mon client. Ils doivent eux aussi y trouver leur compte.

 

Cela passe notamment par le respect, d’un côté ou de l’autre du miroir sans tain, et par l’absence de jugement.

 

Et si au terme d’une rencontre de nouveaux liens se tissent entre les participants, qu’ils échangent des cartes de visite ou des trucs, que ce soit sur la manière de cuisiner un met ou d’éviter la chute des cheveux (!), bien que ce ne soit pas le but premier de la démarche, je m’en réjouis. Cela veut dire qu’à titre d’animateur j’ai su instaurer un climat suscitant des échanges entre des gens qui, autrement, ne se seraient peut-être jamais rencontrés.

 

À ma mère qui se demandait ce que je fais dans la vie, je dirais simplement que je ne suis rien d’autre qu’un facilitateur. Si mon rôle premier est de faire en sorte que l’on garde l’accent sur les sujets qui intéressent mon client, j’ai aussi la tâche de faire en sorte que la discussion coule le mieux possible. En somme, je suis l’huile dans le moteur qui permet que les pièces s’emboitent les unes dans les autres sans s’entrechoquer. 

 

Mais ne vous méprenez pas, l’étincelle qui fait avancer le moteur n’arrive jamais par moi! Ce sont les participants qui la suscitent. D’où l’importance que l’on doit leur accorder. Mon rôle, à moi, se borne à être le témoin des feux d’artifice qu’ils provoquent parfois de l’autre côté du miroir, souvent sans en avoir connaissance.

 

Voilà ce que je fais dans la vie, maman.

 

 

Au revoir et à bientôt!

 

 

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